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Chaque enfant compte: soutenir les mères, les enfants et les familles autochtones

30 sept.
5 min de lecture

Le 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, une journée pour regarder en arrière, apprendre et avancer avec une meilleure compréhension.

Alors que nous réfléchissons aux enfants qui ont été séparés de leurs familles et de leurs cultures, nous avons aussi l’occasion d’écouter les voix autochtones d’aujourd’hui et d’apprendre de la force, des traditions et des relations qui entourent les familles autochtones.


À Options, nous sommes nous aussi en apprentissage. Les peuples autochtones sont diversifiés, et cet article ne présente qu’une partie de ce que nous avons appris grâce à des conversations, à nos recherches et aux voix autochtones. Nous voulons continuer à apprendre afin qu’Options soit un espace toujours plus accueillant et inclusif pour tous.


Ce qui nous a particulièrement marqués, c’est la beauté d’un village qui entoure les mères et les enfants de soutien et leur donne un sentiment d’appartenance.


Lorsqu’un enfant compte, sa mère compte aussi

Dans les conversations que nous avons eues avec des femmes autochtones, nous avons entendu à quel point les enfants sont profondément valorisés au sein de leurs familles et de leur communauté.


Après des générations durant lesquelles des enfants autochtones ont été séparés de leurs familles, de leurs cultures et de leurs communautés, il existe un profond désir de faire en sorte que les enfants sachent où est leur place et à qui ils appartiennent.


Pour certaines des femmes avec qui nous avons échangé, cela signifie que lorsqu’une femme porte un enfant, elle n’est pas censée tout porter seule. Les personnes qui l’entourent peuvent lui offrir un soutien concret, des encouragements, des liens familiaux et un sentiment d’appartenance.


Ce soutien peut aider une mère à poursuivre ses études, à continuer à travailler, à prendre soin de ses autres enfants ou simplement à avoir le soutien dont elle a besoin pour s’épanouir alors qu’elle accueille un nouvel enfant.


Cela nous rappelle quelque chose de simple:

Lorsqu’un enfant compte, sa mère compte aussi.

Soutenir un enfant, c’est aussi soutenir les relations et les personnes qui l’entourent.

Restaurer les liens familiaux et le sentiment d’appartenance

Cela prend une importance particulière à la lumière de l’histoire du Canada.


Pendant des générations, des enfants autochtones ont été séparés de leurs familles et de leurs cultures dans le cadre des pensionnats et d’autres systèmes. Aujourd’hui, les enfants autochtones demeurent fortement surreprésentés dans le système de protection de la jeunesse au Canada. En 2021, les enfants autochtones représentaient 7,7 % des enfants de moins de 15 ans au Canada, mais 53,8 % des enfants placés en famille d’accueil dans des ménages privés.[1]


La réconciliation implique de reconnaître l’importance de restaurer les liens familiaux et l’appartenance culturelle.


La Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis reconnaît la compétence des peuples autochtones en matière de services à l’enfance et à la famille. Elle met l’accent sur la prévention, la continuité culturelle et le maintien des liens des enfants avec leur famille, leur langue et leur culture.[2]


Nous voyons aussi ce travail prendre forme ici, au Québec. En juillet 2026, Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) est devenue la première communauté autochtone au Québec à conclure un accord de coordination tripartite en vertu de cette loi. Son nouveau système de services à l’enfance et à la famille place la prévention, la participation des familles ainsi que les connaissances, la langue et les coutumes innues au cœur de son approche. Plus de 2 000 personnes — dont des Aînés, des parents, des jeunes, des familles d’accueil et des intervenants de première ligne — ont contribué à l’élaboration de sa vision.[3]


Il y a quelque chose de puissant dans le fait que les peuples autochtones aient une voix dans la façon dont leurs propres enfants et familles sont soutenus.


Le choix dans le choix

L’adoption est un autre domaine où l’on peut voir l’importance de la culture, de la dignité et de choix significatifs.

Au Québec, l’Adoption et tutelle coutumières permet qu’un enfant autochtone soit adopté conformément aux coutumes de son peuple. Le processus est reconnu par la loi québécoise et est supervisé par une autorité autochtone compétente afin de veiller au respect des droits et des intérêts de l’enfant. [4]



Dans certaines pratiques d’adoption selon les coutumes autochtones, les parents eux-mêmes peuvent identifier les personnes à qui ils souhaitent confier leur enfant. Par exemple, Alice Cleary, qui témoignait au sujet de l’adoption selon les coutumes attikamek devant l’Assemblée nationale du Québec, a expliqué que les parents choisissent traditionnellement des personnes de leur famille élargie ou de leur entourage à qui ils confient leurs enfants — souvent les grands-parents, une tante, un oncle ou d’autres personnes proches de la communauté.[5] Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.


Cela diffère du processus général d’adoption au Québec, dans lequel le service d’adoption de l’établissement territorial choisit une famille adoptive et procède au jumelage de l’enfant avec cette famille.[4]


Pour une mère qui envisage l’adoption, cela peut être un exemple de choix dans le choix. Il peut exister différentes façons de réfléchir à ce qui permettra à un enfant d’être accueilli, de demeurer lié à sa famille et à sa culture, et d’être entouré des siens.


La dignité, c’est aussi avoir l’espace nécessaire pour comprendre ses options et réfléchir à ce qui convient à soi-même et à son enfant, selon sa propre situation, sa culture et ses relations.



Que pouvons-nous apprendre?

Nous ne voulons pas parler au nom des peuples autochtones. Il existe de nombreux peuples des Premières Nations, inuits et métis, chacun ayant ses propres cultures, langues, traditions et expériences.


Mais nous pouvons écouter. Nous pouvons apprendre de l’importance accordée aux liens, au sentiment d’appartenance et aux relations qui entourent un enfant.


Nous pouvons nous poser la question:

À quoi ressemblerait un monde où chaque mère aurait un village autour d’elle?


À Options, nous croyons que le soutien change ce qui semble possible. Nous voulons faire partie d’un village où les femmes et les hommes qui font face à une grossesse inattendue savent qu’ils n’ont pas à traverser cette situation seuls.


En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, nous pouvons nous souvenir des enfants qui ont été séparés de leurs familles, tout en écoutant les peuples autochtones qui travaillent aujourd’hui à renforcer les familles, à restaurer les liens et à faire en sorte que les enfants sachent où est leur place.


Chaque enfant compte.

Chaque mère compte.

Et nous avons tous un rôle à jouer pour créer un village où ils peuvent s’épanouir.


Références

[1] Hahmann, T., Lee, H., & Godin, S. (2024). Indigenous foster children living in private households: Rates and sociodemographic characteristics of foster children and their households. Statistics Canada, Indigenous Peoples Thematic Series. https://publications.gc.ca/site/fra/9.932989/publication.html

[2] Indigenous Services Canada. (2019). An Act respecting First Nations, Inuit and Métis children, youth and families. Government of Canada. https://laws.justice.gc.ca/eng/acts/f-11.73/index.html

[3] Indigenous Services Canada. (2026, July 10). ITUM and the governments of Canada and Québec sign the first tripartite coordination agreement in Québec for Innu child and family services. Government of Canada. https://www.canada.ca/en/indigenous-services-canada/news/2026/07/itum-and-the-governments-of-canada-and-quebec-sign-the-first-tripartite-coordination-agreement-in-quebec-for-innu-child-and-family-services.html

[5] Assemblée nationale du Québec. (2016, November 24). Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 113, Loi modifiant le Code civil et d’autres dispositions législatives en matière d’adoption et de communication de renseignements: Journal des débats. Testimony of Alice Cleary concerning Attikamek customary adoption. https://www.assnat.qc.ca/en/travaux-parlementaires/commissions/ci-41-1/journal-debats/CI-161124.html

[7] Statistics Canada. (2024, September 26). National Day for Truth and Reconciliation: A time to remember, reflect and learn. Government of Canada. https://www.statcan.gc.ca/o1/en/plus/7072-national-day-truth-and-reconciliation-time-remember-reflect-and-learn

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